Article 7 - Japon, 631 — Quand un empereur séjournait près d’une source chaude

Article 7 - Japon, 631 — Quand un empereur séjournait près d’une source chaude

Après l’Égypte, la Perse, l’Inde, Rome et la Gaule, direction le Japon. Cette fois, notre source est le Nihon Shoki, l’une des plus anciennes chroniques japonaises.

Un séjour impérial de près de trois mois

Achevé en 720, le Nihon Shoki raconte les origines du Japon et les règnes de ses premiers souverains. Il mêle des récits mythiques à des événements présentés sous forme d’annales.

Dans la partie consacrée à l’empereur Jomei, la chronique rapporte qu’en 631, celui-ci se rendit à Arima, une région connue pour ses sources chaudes. Il y séjourna pendant 86 jours, du mois de septembre au mois de décembre.

Le texte ne dit pas précisément pourquoi l’empereur resta aussi longtemps. Il ne permet donc pas d’affirmer qu’il était venu pour soigner une maladie. Mais la durée de son séjour montre que les sources chaudes occupaient déjà une place particulière dans la vie de la cour impériale.

Arima est aujourd’hui considérée comme l’une des plus anciennes stations thermales du Japon. La visite de Jomei constitue l’une de ses premières mentions historiques connues.

Plus qu’un simple bain

À cette époque, se rendre à Arima demandait du temps et restait surtout accessible aux membres de la cour, aux religieux et aux personnes privilégiées.

Il ne s’agissait pas d’entrer quelques minutes dans un bain avant de reprendre ses activités. Le séjour supposait de quitter son environnement habituel et de vivre quelque temps à proximité de la source.

Les historiens considèrent que ces longs séjours ont pu annoncer le tōji, une pratique qui consistait à rester plusieurs jours ou plusieurs semaines dans une région thermale pour se reposer et profiter régulièrement de ses eaux. Cette culture de la cure se développera surtout au cours des siècles suivants.

L’eau chaude n’était donc pas seulement associée à la propreté : elle pouvait aussi accompagner le repos et la récupération.

Ce qu’on en retient

Nous ne pouvons pas comparer directement le séjour d’un empereur japonais au moment de détente que nous nous accordons aujourd’hui. Les conditions, les croyances et les usages étaient très différents.

Cette histoire nous rappelle néanmoins que certains moments de repos ont besoin d’une place véritable pour exister.

Il ne s’agit pas forcément de partir loin ni de s’absenter pendant plusieurs semaines. Cela peut simplement vouloir dire prévoir un temps plus long que les quelques minutes récupérées entre deux obligations.

Prendre soin de soi, c’est parfois rester chez soi et ralentir. C’est aussi, de temps en temps, sortir de son rythme habituel pour laisser au corps le temps de souffler réellement.


Sources anciennes et références