Après l’Égypte, la Perse antique, l’Inde, Rome et la Gaule, notre voyage se poursuit dans le monde perse médiéval, à la rencontre d’Avicenne, un médecin dont l’œuvre a formé des générations de praticiens en Europe pendant plusieurs siècles.
Un médecin dont le manuel a traversé les siècles
Ibn Sina, appelé Avicenne en Occident, serait né vers 980 près de Boukhara, même si les chercheurs ne s’accordent pas tous précisément sur l’année.
Il grandit dans un milieu culturel persan, sous la dynastie des Samanides, puis séjourne notamment à Gorgan, Ray, Hamadan et Ispahan. Il commence probablement à rédiger son œuvre majeure, le Canon de la médecine, au cours de ces années de voyage, avant de poursuivre son travail à Ray puis à Hamadan.
Le Canon de la médecine devient l’une des grandes synthèses médicales de son époque. Avicenne y aborde notamment le fonctionnement du corps, l’hygiène, les médicaments et les maladies, qu’il organise en partie selon les différentes régions du corps.
Traduit en latin au XIIe siècle, l’ouvrage sert de base à l’enseignement médical en Europe jusqu’au XVIIe siècle.
Le Canon est avant tout une vaste encyclopédie médicale. Avicenne y rassemble l’héritage d’Hippocrate et de Galien, les connaissances médicales du monde islamique de son temps et sa propre réflexion de médecin.
Le bain comme partie intégrante de la médecine
Le Canon accorde une place importante à la préservation de la santé : alimentation, exercice physique, sommeil, hygiène et différents usages du bain.
Le bain n’y sert pas uniquement à nettoyer le corps. Sa température, sa durée et le moment où il est pris peuvent, selon la médecine humorale de l’époque, produire des effets différents sur l’organisme.
Avicenne l’intègre ainsi à plusieurs recommandations destinées à préserver la santé ou à accompagner certains traitements.
Une médecine attentive aux habitudes de vie
Pour Avicenne, la médecine ne consiste pas seulement à intervenir lorsqu’une maladie est déjà présente. Elle doit aussi aider à conserver la santé.
L’alimentation, l’exercice, le sommeil, la propreté et les habitudes quotidiennes occupent donc une place importante dans son approche.
Sa médecine prend également en compte les liens entre l’état du corps, le mode de vie et certaines dispositions de l’esprit. Sur le plan philosophique, Avicenne distingue bien le corps et l’âme, tout en reconnaissant leurs interactions.
Ce qu’on en retient
Le Canon a près de mille ans et appartient à un système médical aujourd’hui dépassé. La théorie des humeurs n’a plus cours dans la médecine moderne et les bains ne sont plus prescrits selon les principes d’Avicenne.
L’idée d’utiliser l’eau comme soutien au soin n’a pourtant pas complètement disparu. Certains établissements hospitaliers proposent encore des bains thérapeutiques, notamment pour favoriser la détente et apaiser l’anxiété ou l’agitation. Ces soins sont pratiqués dans un cadre médical, selon les besoins de chaque patient.
Un bain ordinaire ne remplace évidemment ni un traitement ni un accompagnement médical. Mais il peut contribuer au confort, au relâchement des tensions et à la détente. Près de mille ans après Avicenne, l’eau conserve ainsi sa place parmi les moyens d’apaiser le corps — et, à travers lui, l’esprit.
Sources et références