Article 5 - En Gaule, on fabriquait déjà l’ancêtre de notre savon

Article 5 - En Gaule, on fabriquait déjà l’ancêtre de notre savon

Après l’Égypte, la Perse, l’Inde et Rome, rapprochons-nous un peu avec une préparation que tu n’associerais sans doute pas à la Gaule antique : le sapo, ancêtre de notre savon.

Une préparation attribuée aux Gaulois

À la fin du Ier siècle, Pline l’Ancien décrit le sapo dans son Histoire naturelle. Il le présente comme une invention gauloise utilisée pour donner aux cheveux une teinte rousse.

Sa composition était simple : du suif et des cendres. Le meilleur, selon lui, était fabriqué avec du suif de chèvre et des cendres de hêtre. Il existait sous deux formes, épaisse ou liquide.

Pline note également un détail curieux : cette préparation était particulièrement appréciée chez les peuples germaniques, et davantage par les hommes que par les femmes.

Un peu plus tard, le médecin Arétée de Cappadoce évoque lui aussi un savon fabriqué par les Celtes. Présenté sous forme de boules alcalines, il était utilisé pour laver les vêtements, mais aussi pour nettoyer le corps dans le bain.

Un véritable savoir-faire

Rien d’improvisé dans cette fabrication : les ingrédients étaient choisis et la texture ajustée. Il s’agissait déjà d’un véritable savoir-faire artisanal, même si ses mécanismes chimiques n’étaient pas encore compris comme ils le sont aujourd’hui.

Les Gaulois n’ont probablement pas inventé le tout premier savon. Des préparations comparables existaient dans d’autres civilisations avant eux. Mais le témoignage de Pline montre que le sapo était considéré comme une spécialité gauloise dans le monde romain.

Ce qu’on en retient

Cette histoire rappelle qu’un soin n’a pas besoin d’une origine prestigieuse pour traverser les siècles. Il naît souvent d’une observation simple, d’ingrédients bien choisis et d’un geste transmis.

Peut-être que cela vaut la peine de s’en souvenir la prochaine fois que l’on juge un soin à son étiquette plutôt qu’à ce qu’il contient vraiment.


Sources anciennes et références