Après l’Égypte, la Perse et l’Inde, direction le monde romain. Cette fois, notre source est une lettre dans laquelle Pline le Jeune raconte comment il organisait ses journées d’été.
La journée d’un Romain très occupé
Pline le Jeune était avocat, écrivain et homme politique. Lorsqu’il séjournait dans sa villa de Toscane, loin de Rome, il suivait une routine bien différente de ses journées publiques.
Dans une lettre adressée à son ami Fuscus, il raconte qu’il se réveillait généralement tôt, sans horaire parfaitement fixe. Il restait d’abord dans le calme et l’obscurité pour réfléchir à ses textes, avant de faire venir un secrétaire auquel il dictait son travail.
La suite de la journée alternait entre écriture, promenades, déplacement en voiture, courte sieste et lecture à voix haute. Plus tard venaient l’onction du corps avec de l’huile, l’exercice physique, puis le bain.
Le dîner était accompagné d’une lecture, de musique ou d’un spectacle, puis la journée se terminait par une promenade et des conversations.
Faire alterner le corps et l’esprit
Ce qui frappe dans le récit de Pline, c’est la manière dont il passe naturellement du travail intellectuel au mouvement.
Il écrit, marche, se repose, lit à voix haute, reprend une promenade, fait de l’exercice et se baigne. Ces activités ne sont pas complètement séparées : chacune trouve sa place dans le déroulement de la journée.
Le bain arrive après l’exercice et marque la transition vers le dîner et la soirée. Le soin du corps n’est donc pas repoussé au moment où tout le reste serait terminé : il fait partie de l’organisation prévue.
Cette routine n’était toutefois pas rigide. Pline recevait parfois des amis, montait à cheval ou partait chasser. Même dans ce cas, il emportait ses tablettes afin de pouvoir continuer à écrire.
Des journées remplies, mais pas toujours importantes
Dans une autre lettre, Pline fait une remarque qui paraît encore très actuelle. Il observe qu’une journée peut sembler bien remplie lorsqu’on examine chaque activité séparément. Mais une fois plusieurs journées mises bout à bout, certaines occupations finissent par paraître bien futiles.
À la campagne, il retrouve ce qui compte davantage pour lui : lire, écrire, se reposer et prendre soin de son corps. Il ne cherche donc pas seulement à remplir son temps, mais à faire une place aux activités qui lui semblent réellement utiles.
Son mode de vie était évidemment celui d’un homme romain riche et privilégié. Tout le monde ne disposait ni de son temps ni de ses conditions de vie. Sa lettre montre néanmoins qu’il considérait les promenades, l’exercice, l’onction et le bain comme des éléments à part entière de sa journée.
Ce qu’on en retient
Il ne s’agit pas de reproduire l’emploi du temps de Pline, mais de retenir une idée simple : un moment consacré au corps a plus de chances d’exister lorsqu’il possède une place précise dans la journée.
Cela peut être après le travail, en sortant de la douche ou avant le dîner. L’essentiel est de ne pas toujours le repousser en attendant qu’il reste du temps.
La question n’est peut-être donc pas :
« Quand vais-je trouver le temps ? »
Mais plutôt :
« À quel moment vais-je choisir de le prendre ? »
Sources anciennes et références
- Pline le Jeune, Lettres, livre IX, lettre 36 à Fuscus — description de ses journées d’été dans sa villa de Toscane.
- Pline le Jeune, Lettres, livre I, lettre 9 à Minicius Fundanus — réflexion sur les journées très occupées qui, considérées dans leur ensemble, peuvent sembler vides.